Côte d'Ivoire  : les fonctionnaires prennent le relais des militaires dans les revendications

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(Crédits : Reuters)
Alassane Dramane Ouattara pense avoir fait le plus dur en accédant aux revendications posées par les militaires qui ont paralysé le pays pendant plus de 48 heures. Alors que tout semble être réglé et que les services devraient reprendre normalement lundi, ce sont les fonctionnaires ivoiriens qui déclenchent un mouvement de grève de cinq jours. Ils réclament une revalorisation salariale et le maintien des pensions de retraite.

C'est la saison des revendications en Côte d'ivoire. Les syndicats des fonctionnaires ivoiriens ont déclenché lundi un mouvement de grève de cinq jours pour amener les autorités à revaloriser les salaires et à abandonner par la même occasion, une réforme des retraites qui baisse les pensions de 30 à 50 %. Théodore Gnagna Zadi, le responsable du mouvement explique que le mouvement de grève touche tous les secteurs de la vie publique ivoirienne, notamment l'éducation, la santé avec un service minimum et l'administration territoriale. Le gouvernement ivoirien avait décidé de faire passer l'âge de la retraite de 55 à 65 ans pour les grades les plus élevés dans une nouvelle réforme en cours. De même, les cotisations augmentent de 6 à 8,33 % du salaire, alors que les pensions ont été réduites de 30 à 50 % selon les catégories. Pas question, selon les agents publics.

243 milliards de Francs CFA d'arriérés...

Les fonctionnaires ivoiriens ne réclament pas seulement l'abandon de la réforme des retraites et une revalorisation des salaires. Les plus de 50 syndicats de la fonction publique qui ont lancé le mot d'ordre de grève réclament au gouvernement, le paiement des arriérés des revalorisations salariales d'un montant global de 243 milliards de francs CFA (371 millions d'euros). Dans une déclaration, les responsables des agents qui observent la grève appellent les autorités ivoiriennes à trouver des réponses immédiates à leurs revendications. Selon les données statistiques officielles, l'administration ivoirienne compte plus de 200.000 fonctionnaires. Ce mouvement des fonctionnaires intervient deux jours seulement après une mutinerie des militaires qui réclamaient également des revalorisations salariales. Le mouvement des militaires a paralysé certaines villes du pays et le ministre de la défense avait même été brièvement capturé par les mutins à Bouaké avant d'être libéré. Le président Alassane Ouattara qui assistait à l'investiture du nouveau président ghanéen, Nana Akufo-Ado n'a eu d'autres choix que de rentrer au pays pour faire face à cette crise. Le Chef de l'Etat ivoirien a accédé à la plateforme revendicative de l'armée, ce qui a mis fin à la mutinerie avec le retour des soldats dans les casernes. Soulignons toutefois que suite à ce mouvement, le Chef d'Etat-Major général de l'armée, le Directeur national de la Police et celui de la Gendarmerie ont été démis de leur fonction par Alassane Ouattara.

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Commentaires
a écrit le 12/05/2017 à 1:32 :
Le Gouvernement fera de son mieux, conscient de la nécessité de maintenir la paix et la cohésion sociale mais, avec la réduction du budget de l’Etat consécutif à la baisse du coût du cacao, il ne pourra pas systématiquement répondre à toutes les revendications.

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