Kenya  : grand désaccord autour du plan de redressement de Kenya Airways

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La décision du transporteur national de sous-louer cinq avions à des compagnies étrangères a abouti à des pertes sèches dans les comptes de l'entreprise.
La décision du transporteur national de sous-louer cinq avions à des compagnies étrangères a abouti à des pertes sèches dans les comptes de l'entreprise. (Crédits : DR.)
Les membres de la commission parlementaire en charge des questions financières et commerciales sont toujours divisés sur la question des 750 millions de dollars d'aides dont devrait bénéficier Kenya Airways. L'utilisation des avions obtenus en leasing par le transporteur national reste la pomme de discorde.

Le dossier du plan d'aide gouvernementale au transporteur Kenya Airways n'a pas évolué. Attendus pour se prononcer sur la légalité d'un appui financier de 750 millions de dollars consenti par l'Etat, les membres de la commission parlementaire en charge des questions financières, commerciales et de la planification (CPFCP) ne sont pas arrivés à aligner leurs avis sur la question.

D'après la presse locale, la pomme de discorde se résume à la légalité ou non d'utiliser des avions obtenus en leasing, pour garantir la dette de la compagnie auprès de plusieurs banques étrangères et nationales. Le gouvernement kényan avait en effet cherché tous les moyens pour aider le transporteur national, avant de se heurter aux élus. Pourtant du côté de Kenya Airways où on espérait fortement une victoire, ce n'est pas faute d'avoir essayé.

Invités au parlementaire par la CPFCP pour défendre leur plan, les membres du gouvernement et les responsables de Kenya Airways ont tenté de rassurer :

«Ce sont les avions que nous avons acquis en utilisant des fonds d'Eximbank US. Ce ne sont pas des aéronefs loués, mais des actifs dont nous avons la propriété», a expliqué Mbuvi Ngunze, conseiller dans la restructuration et ancien directeur général de Kenya Airways.

D'après lui, la compagnie aérienne kényane est à jour sur ses dettes et ses activités ont déjà commencé à générer des recettes consistantes. Onze banques locales ont d'ailleurs accepté de mutualiser leurs créances envers la compagnie, dans le cadre d'un véhicule spécial d'investissement, et de les convertir en participations au capital.

Faire oublier les trois années de crise

En tendant ses bras à Kenya Airways, avec une garantie de 75 milliards de shillings kényans (environ 750 millions de dollars), le gouvernement visait un objectif clair : aider la compagnie à décrocher un financement sûr auprès d'autres investisseurs pour compléter son recouvrement. L'idée était donc de faire vite oublier les trois années sombres qu'a vécues la compagnie avec un lourd endettement estimé à plus d'un milliard d'euros.

Rappelons qu'en juillet 2015, les responsables de Kenya Airways avaient publié les résultats de l'année fiscale de la compagnie qui dégageaient une perte sèche de plus de 25,7 milliards de shillings, soit environ 257, 3 millions de dollars. Selon le quotidien Le Monde, il s'agit de «la plus mauvaise performance d'une entreprise privée dans toute l'histoire» du Kenya. En 2016, l'exercice annuel affichait cette fois-ci une perte de 88,3 millions de dollars. Face à ce grand déficit, l'aide du gouvernement reste une des meilleures pistes de sortie de crise et surtout pour faire oublier les trois dernières années. Mais les autorités avaient averti qu'il faudrait compter avec l'approbation des parlementaires.

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