Mines : la RDC hausse le ton contre le chinois Sicomines

 |   |  521  mots
(Crédits : DR)
Kinshasa semble déterminée à pousser Sicomines dont 68% des parts sont détenues par Sinohydro Corp et China Railway Construction de respecter l’interdiction qui touche l’exportation de cuivre et coblat non traités. Une mesure qui viserait à accélérer le remboursement des 6 milliards de dollars de prêts chinois pour la mise en place d’infrastructures en RDC.

La République démocratique du Congo (RDC) vient d'ordonner à Sinohydro Corp et à la filiale locale de China Railway Construction Corp de cesser toute exportation de cuivre et de cobalt non transformés. Ces opérateurs devront dorénavant traiter ou raffiner leur production en RDC avant de l'écouler au niveau mondial ou de l'expédier vers le boulimique marché chinois.

Remboursement de la dette

Kinshasa a particulièrement ciblé la Sicomines. Pour les autorités, cette entreprise devra exporter seulement des produits à forte valeur ajoutée, de manière à épauler les efforts du gouvernement pour le remboursement rapide du prêt de 6 milliards de dollars pour la mise en place d'infrastructures en RDC.

Pour le ministère des Mines congolais, cette interdiction devrait permettre de renforcer les bénéfices de Sicomines en exportant des produits raffinés et transformés et par ricochet accélérer le remboursement des prêts consentis par Pékin. Le projet minier exploité par Sicomines et qui a nécessité un investissement de 3,2 milliards de dollars représente un quart du concentré de cuivre et 5% des exportations de cuivre-cathode de la RDC en 2016.

L'exploitant représente également le plus important producteur de métal en Afrique et la plus grande source mondiale de cobalt. Sicomines a exporté quelques 115.000 tonnes métriques de concentré de cuivre et 20.000 tonnes de cathodes de cuivres lors du premier semestre 2017, conformément aux données de la division provinciale des mines du Katanga. D'ailleurs, Sinohydro Corp et China Railway Construction détiennent 68% des parts de Sicomines.

Kinshasa essaye la manière forte

L'entreprise fait ainsi partie des éléments clés de l'accord minéraux contre infrastructures conclu entre Kinshasa et Pékin en 2007. Selon cet accord, les entreprises chinoises s'attèleront à la construction d'infrastructures en RDC, notamment des routes et des hôpitaux grâce à des financements des grandes banques chinoises contre des minerais comme le cuivre et le cobalt. Un deal dont l'application sera critiquée par Kinshasa dès septembre dernier, notamment sur la nature des produits exportés par Sicomines, à savoir le concentré de cuivre non raffiné, l'hydroxyde de cobalt, les cathodes de cuivres traitées ou encore le cobalt métallique.

Le gouvernement congolais a signifié l'interdiction de sortie du territoire aux exportations de produits miniers non transformés. Sur 112 camions acheminant les exportations de la Sicomines, seuls 44 camions ont pu traverser la frontière congolaise, une partie de ces expéditions sont par ailleurs tout simplement sortis du territoire congolais avant que les postes frontières ne soient notifiés de cette nouvelle mesure. Le reste de l'actionnariat de Sicomines est composé de l'entreprise publique Gecamines et la Société nationale d'électricité.

L'objectif de Kinshasa est de contraindre Sicomines à se conformer à l'interdiction d'exportation de concentré de cuivres et de cobalt décidé en 2013 et qui est respecté par des majors comme Glencore et China Molybdenum. La RDC prévoir de pousser sa production de cuivre à 1,05 million de tonnes en 2017, contre 1,02 million enregistrés en 2016 et table sur une augmentation de 22% de la production de cobalt qui devrait s'établit à 16.619 tonnes.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/10/2017 à 21:47 :
Réaction trop tardive !!! Ce genre d'interdiction devait être appliqué dès le début des accords entre la RDC et ces entreprises chinoises. Seuls les dirigeants naïfs, et sans aucune vision sur l'avenir du pays qu'ils "dirigent", peuvent encore permettre que leurs minerais sortent du pays à l'état brut, pour être transformés ailleurs à travers un circuit de processus qu'ils sont loin de maîtriser. On se croirait vivre au début du 20ème siècle alors que nous sommes en plein 21ème !!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :