Le FMI en mission à Libreville pour auditer les salaires gabonais

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(Crédits : Reuters)
Le Gabon se prépare à recevoir une autre mission du Fonds monétaire international, dont le cahier de charge est d'auditer la masse salariale du pays. Il s'agit d'une initiative prise face à l'augmentation ininterrompue de la masse salariale de l'Etat gabonais ces dernières années.

Malgré la crise que traverse le Gabon, ses dépenses augmentent sans cesse. Entre autres, la faute à la masse salariale qui connaît une forte croissance inexpliquée. Afin d'en savoir plus, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé d'envoyer une mission à Libreville dont la tâche sera d'auditer la masse salariale du pays. Ces dernières années, effectivement la masse salariale au Gabon a explosé.

Au troisième trimestre 2016, elle était en dépassement de plus de 20%, passant ainsi de 421,86 milliards de Fcfa sur la même période en 2015 à 506,55 milliards de Fcfa. D'après les autorités de Libreville, cette augmentation est expliquée par la progression de 21% de la solde permanente et des effectifs de la main d'œuvre non permanente, en hausse de plus de 4%. Cependant, ces augmentations n'augurent rien de bon pour l'économie gabonaise.

En grave crise depuis la chute des cours du pétrole, le Gabon dont l'économie est ultra dépendante du secteur pétrolier (plus de 50%), a perdu beaucoup de points, et a été contraint plusieurs fois déjà depuis deux ans à des coupes ou revues budgétaires. Pendant ce temps, la dette publique a explosé (plus de 150% d'augmentation depuis 2009) et le pays doit vivre en faisant attention à ses dépenses. Ce contexte de crise n'est pas sans conséquence.

«Un certain nombre de compagnies pétrolières majeures ont procédé à des licenciements. Comme le secteur pétrolier est structurant pour d'autres secteurs de l'économie, cela explique la hausse du chômage observée ces dernières années », analyse l'économiste gabonais Mays Mouissi.

Selon les chiffres officiels, le taux de chômage est actuellement de 30%, soit près du double de celui enregistré en 2010. Comment alors dans ce contexte, la masse salariale peut progresser à ce point ?

Bis repetita pour le FMI

Ce n'est pas la première fois que le FMI pointe du doigt les dépenses publiques du gouvernement gabonais. Et la prochaine mission du FMI au Gabon est le énième ces derniers temps vers ce pays d'Afrique centrale. En novembre dernier déjà, une mission du FMI à Libreville conduite par Alex Segura Ubiergo avait félicité les autorités en mettant en avant les efforts fournis pour contrer le choc pétrolier. La même équipe a aussi invité le gouvernement à encore plus d'efforts recommandant une « nécessité pour le gouvernement de maîtriser la dépense publique ». Mais bien avant, en janvier 2016, lors d'un sommet sur les impacts économiques de la chute des cours du pétrole, qui a eu lieu au Cameroun et à l'attention des économies de la zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), Christine Lagarde, directrice générale du Fmi avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur les dépenses publiques du Gabon.

Il faut croire que cette fois-ci, la mission du FMI ne partira pas sans un engagement ferme des autorités gabonaises sur la maîtrise des dépenses afin d'optimiser les chances d'une réussite du plan de relance économique lancé par le gouvernement.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2017 à 12:01 :
Le énième soubresaut de la fin de la rente pétrolière ,jadis distribuée à tous les partisans de Mister "Ali le non élu", en passant bien sûr par les fonctionnaires , arrosés abondamment en CFA .
Aujourd'hui quel est le challenge pour ce cher Ali ?: faire des économies à tous les étages. Le FMI pointera comme il l'a déjà fait : le nombre effarant de fonctionnaires , l'inefficience; la corruption généralisée du tout petit jusqu'au plus haut gradé, le mauvais service rendu , etc, etc,...
Ali s'en sortira avec des promesses (ah, ah encore la palabre africaine). le FMI feindra le croire et mettra sous surveillance la note des souverains gabonais ce qui constituera la vraie sanction : impossibilité d'emprunter sur les marchés donc forcé de faire des réformes..... Tout cela prendra du temps et ALi cherche à en gagner jusqu'au hypothétique retournement des cours du brut, le problème pour lui et les autres pays tributaires de la rente gaz et pétrole c'est que les USA et le Canada ne jouent pas le jeu... le pétrole restera durablement à 50$ le baril
a écrit le 07/02/2017 à 15:43 :
Ce qui se passe pour les économies de la CEMAC en crise économique et financière s'explique par le fait que les gouvernements des pays membres de cette zone ont toujours manqué de vision pour le long terme. Des politiques mal définies sont loin de résoudre les épineuses questions liées à la lutte contre la pauvreté et donc à l'amélioration des conditions de vie des poppulations. Le gros problème est que ces pays ne disposent pas des institutions de recherches sur les questions de développement susceptibles de proposer des solutions pour une croissance durable de ces économies
a écrit le 07/02/2017 à 10:29 :
Est ce que la main d'oeuvre non permanente a un coût considerable au Gabon????

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