Conjoncture en Afrique centrale : contrairement aux prévisions optimistes pour 2017, l'économie fera du « surplace »

 |   |  510  mots
Lors du sommet extraordinaire de la CEMAC de Yaoundé (23 décembre 2016), qui avait été marqué par la participation de Christine Lagarde, DG du FMI, les Chefs d’État avaient consenti à l'ajustement structurel de leurs économies.
Lors du sommet extraordinaire de la CEMAC de Yaoundé (23 décembre 2016), qui avait été marqué par la participation de Christine Lagarde, DG du FMI, les Chefs d’État avaient consenti à l'ajustement structurel de leurs économies. (Crédits : DR)
Très loin de ses prévisions de 1,6% en début d'année, le taux de croissance économique dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique de centrale (CEMAC) ne devrait pas dépasser 0,2% cette année, a-t-on appris d'un communiqué du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des Etats de l'Afrique centrale.

C'est presqu'un aveu d'échec pour la Banque centrale des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) et les Etats de la zone de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Les différentes mesures prises, dont la réduction des coefficients des réserves obligatoires des banques, la réduction des plafonds de refinancement de certains Etats, le resserrement des dépenses publiques, l'élargissement de l'assiette fiscale, la priorisation de certains investissements, la conclusion de programme d'ajustement avec le Fonds monétaire international (FMI)... n'auront finalement pas engendré l'impact escompté. La croissance économique de l'espace communautaire n'a pas pu décoller cette année 2017.

A en croire un communiqué du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC découlant de sa troisième session ordinaire du 2 novembre 2017 à Ndjamena (Tchad), la croissance économique de l'espace s'établira finalement à 0,2% cette année au lieu de 1,6% annoncé par les prévisions en début d'année.

« Malgré un renforcement du cadre macroéconomique par rapport à 2016, la croissance du PIB dans l'espace Cemac s'établira finalement à 0,2% en fin d'année 2017, comme en 2016, contre une prévision initiale de 1,6%, en début d'année », note le communiqué du CPM de la BEAC.

Cependant, cette revue des prévisions ne devrait pas empêcher d'autres bonnes performances. Les nouveaux chiffres de la BEAC anticipent un recul des tensions inflationnistes qui s'établissent à 1% cette année, contre 2% l'année dernière. Egalement, le déficit budgétaire global de l'espace communautaire est lui aussi en recul. La BEAC explique que cette baisse est portée par l'amélioration de la dépense publique dans les Etats, la hausse modérée des prix du brut à l'international et l'agressivité des services fiscaux dans la collecte des recettes hors pétrole.

Une croissance disparate entre 2017 et 2019

Le surplace de l'économie globale de la zone CEMAC cette année n'est pas étrange au vu des prévisions de la Banque mondiale (BM) pour l'espace de 2017 à 2019. L'institution de Bretton Woods note que la croissance économique de la majorité des pays de la Cemac devrait s'accélérer modestement entre 2017 et 2019. Ainsi le Cameroun restera en ligne avec les 5,6% de 2016 pour atteindre les 5,7% en 2017.

Le Tchad quant à lui, partira de -3,5% en 2016 pour s'approcher de la zone positive à -0,3% en 2017, mais devrait enregistrer un rebond en 2018 et en 2019 avec des taux respectifs de 4.7% et 6.3%. Concernant le Gabon, l'institution internationale multilatérale a prévu des taux de croissance évoluent de 3,2% en 2017 à 3,8% en 2018 et 4% en 2019. Sur une pente descendante, le Congo devrait connaître une décélération de sa croissance au cours de la période 2017 à 2019 avec respectivement 4,3%, 3,7% et 3,7% pour chacune de ces trois années. Même rythme en Guinée Equatoriale où le pays continuera de souffrir d'une crise économique avec -5,7% en 2016, -5,7% en 2017, -6,6%, en 2018 et -6,6% en 2019.

Notons comme on peut s'en douter que la BM n'inclut pas la Centrafrique dans ses prévisions. C'est le cas depuis plusieurs années concernant ce pays en proie à des troubles sociopolitiques quasi-permanents.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :