Maroc : le lancement prochain d'un satellite militaire inquiète Madrid

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Le Maroc disposera dès novembre prochain, d'un satellite espion basé sur le modèle Pléiade (français) ci dessus
Le Maroc disposera dès novembre prochain, d'un satellite espion basé sur le modèle Pléiade (français) ci dessus
Rabat s’apprête à faire son entrée dans le club des puissances spatiales africaines aux côtés de l’Egypte et de l’Afrique du Sud, en disposant dès le 8 novembre prochain de son premier «satellite secret d’observation militaire» qui décollera de la Guyane française. Baptisé Moroccan EOSat 1, celui-ci devrait être appuyé par un second satellite en 2018. Une montée en régime qui fait grincer des dents du côté du voisin espagnol.

Les ambitions spatiales marocaines inquiètent le voisin espagnol. L'inquiétude de Madrid s'explique par le lancement programmé le 8 novembre prochain du Moroccan EOSat 1, un satellite à usage militaire. De fabrication européenne, celui-ci aura la capacité de transmettre des images de la terre à haute résolution. Selon le quotidien espagnol El Pais, bien que les deux voisins soient des alliés et que la coopération sécuritaire (terrorisme et immigration illégale) entre les deux pays bat son plein, des stratèges militaires auraient averti leur hiérarchie sur le fait que ce lancement «signifie une réduction de l'avantage technologique qui constitue la force de dissuasion de l'armée espagnole» vis-à-vis du Maroc.

500 millions d'euros pour deux satellites

Entouré d'un grand secret, ce satellite «espion» a été construit par le consortium européen Airbus Defence & Space et son équipement optique développé par Thales Alenia Space. Le deal aurait été conclu en marge de la visite au Maroc de l'ex-président français, François Hollande en avril 2013 et porte sur la livraison de ceux satellites au Royaume. Le premier devrait être opérationnel dès novembre prochain et le second devrait être livré en 2018. Le coût de cette opération est estimé à 500 millions d'euros. Ces appareils d'observation seraient proches des modèles Pléiades utilisés par la France et opérationnels depuis 2011.

Ce modèle est spécialisé dans l'observation et la reconnaissance à haute résolution, pouvant prendre pas moins de 500 images par jour avant de les transmettre au centre de commande terrestre par palier de 6 heures. Le «satellite secret d'observation militaire», comme le désigne l'Association wallonne des acteurs du spatial, a été acheminé le 23 septembre dernier à la base de Kourou (Guyane française) et devrait être commandé depuis la base aérienne de Salé (au nord de la capitale, Rabat), selon la presse spécialisée. Le satellite devrait servir à lutter contre l'immigration illégale et la contrebande.

Appui au Sahel et inquiétudes de Madrid

Le Maroc pourrait également utiliser cet atout technologique comme appui à ses alliés ouest-africains dans lutte contre les groupes terroristes qui opèrent au Sahel, notamment AQMI. Ce même usage pourrait être transposé au niveau de la lutte contre le piratage dans le golfe de Guinée. Madrid craint par ailleurs que cette montée en régime de la technologie des Forces armées royales marocaines (FAR) ne puisse permettre à celles-ci une «connaissance» des installations militaires et mouvements de troupes espagnoles.

Le Maroc s'apprête ainsi à faire son entrée dans le club select des pays africains disposant de cette technologie, rejoignant ainsi l'Egypte et l'Afrique du Sud. Bien que les relations entre Madrid et Rabat aient beaucoup évolué depuis l'épisode de l'îlot Leila en juillet 2002, les experts militaires espagnols appellent leur gouvernement à réagir. En effet, pour l'armée espagnole et une partie de l'establishment, les bonnes relations qui existent actuellement entre les deux voisins ne devraient pas occulter la série de «contentieux silencieux ou dormants» qui persistent, notamment au niveau des présides de Sebta et Melillia, des peñones et de la délimitation des eaux territoriales.

Cette «inquiétude» de Madrid s'explique par le vieillissement de son dispositif spatial et sa dépendance du système Helios, un programme majoritairement français avec une collaboration de la Belgique, l'Italie, la Grèce et l'Espagne. Un système qui, selon El Pais, aurait montré ses limites en 2002 lorsque les autorités françaises auraient traîné des pieds au moment de transmettre les données requises pour l'opération militaire espagnole sur l'îlot Leila. Cet épisode a convaincu Madrid que Paris risquerait toujours de s'aligner sur la position de Rabat en cas d'un nouveau contentieux entre L'Espagne et le Maroc.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2017 à 12:08 :
Bonjour,

Je ne sais pas si c’est de la mauvaise foi journalistique ou de la simple ignorance, vous avez zappe le programme spatial Algérien qui existe depuis bientôt 20 ans, et qui a lancé déjà 3 satellites, on fait l’autruche ?
a écrit le 26/10/2017 à 12:42 :
C'est quoi son nom au satellite ? BRAGAG 1? 😉

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