Le premier jeu camerounais en quête d'investisseurs

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(Crédits : Backbuilder)
Malgré l'accueil chaleureux des critiques et des joueurs sur la plateforme de distribution «Steam», Aurion, le premier jeu vidéo «Made in Cameroun», met du temps à convaincre les investisseurs. Mais la partie est loin d'être finie.

C'est un pari difficile qu'a réussi à relever une petite startup camerounaise cette année. En éditant le jeu «Aurion : L'Héritage des Kori-Odan», Kiro'o Games pose les jalons de l'industrie du jeu vidéo dans la région de l'Afrique de l'Ouest. Le jeu est disponible depuis le 14 avril 2016 sur la fameuse plateforme de distribution (dématérialisée) de jeux, Steam, sur laquelle il ne cesse de récolter les bones critiques et l'argent. Mais il ne s'agissait là que d'une première étape. Pour acheter un jeu sur Steam, il faut disposer d'une carte de crédit. Objet qui n'est pas à la disposition de la plus grande partie des acheteurs camerounais (et africains) potentiels. Cela a poussé l'entreprise à lever des fonds pour commercialiser les DVD du jeu.

Seulement 84.000 euros levés

En quelques mois, Kiro'so Games n'a réussi à lever que quelques 84.000 euros. Devant ce scepticisme des investisseurs, l'entreprise tente toujours de vendre des actions pour autofinancer son projet. 300 parts sur 1000 constituant le capital du projet (610.000 euros), ont été mises en ventes en fin 2013. Plus de 200 ont déjà été vendues pour plus de 45 actionnaires. La boîte promet une rentabilité de l'ordre de 400% d'ici fin 2018. Une prétention qu'elle justifie par son très faible coût de production comparé au reste du monde.

Piédestal pour la culture camerounaise

L'autre défi du jeu est de rendre universelle une culture africaine peu connue. L'univers d' «Aurion» est complétement imprégné par la culture camerounaise. Par exemple, il représente le Ngondo, fête traditionnelle antique de la tribu Douala et Grand Sawa (littoral) et qui consiste à plonger dans l'eau pour demander des réponses aux ancêtres.  De plus, les références à la civilisation Sao, une ancienne population d'Afrique centrale, qui s'est étendue du Tchad au Cameroun, ne manquent pas non plus.

Gisement inexploité

Il faut dire que même si la taille du business peut paraître minuscule, la promesse qu'il fait est grande. Estimés à 91 milliards de dollars, les revenus de l'industrie du jeu vidéo représentent le double de ceux de son aînée, le cinéma. Toutefois, pour ces deux industries, l'Afrique est bien le continent qui profite le moins de ce gisement énorme (Hors Afrique du sud dont le secteur brasse déjà une centaine de millions d'euros de revenus). A part quelques tentatives en Tunisie, au Maroc, en Egypte et au Cameroun, le secteur n'apparaît pas sur les radars des investisseurs. Les raisons évoquées par ces derniers sont multiples, allant de l'étroitesse des marchés à la faiblesse de l'infrastructure télécoms. Mais l'on oublie souvent l'essentiel. Le jeu vidéo est surtout une industrie qui a un fort potentiel à l'export et encore plus, quand elle reflète des cultures encore inconnues par le monde.

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